N°1 – janvier 2024
Edito : en 2024, continuons de nous battre !
2023 a démarré par un mouvement social exemplaire. Le gouvernement, qui cherchait à nous voler deux années de nos vies, en rallongeant la durée de cotisation pour la retraite, s’est heurté au refus d’une large majorité de travailleur•ses. Il a ainsi mis des millions de personnes dans les rues. Si la grève a été suivie de façon inégale, des secteurs entiers ont cessé le travail pendant plusieurs semaines. Des manifestations et des actions de blocage ont été organisées jusque dans les villes moyennes de la région (gares, ports autonomes, pont du Rhin et bretelle d’autoroutes bloquées,…).
Même si nous avons perdu, que reste-t-il ? Des rencontres et de nouvelles solidarités ont émergé. Les syndicats, notamment ceux de Solidaires, se sont renforcés, et surtout notre détermination reste intacte. C’est sur cette détermination qu’il faudra nous appuyer pour combattre les capitalistes qui continuent d’appliquer les vieilles recettes libérales et réactionnaires : casse des conquêtes sociales et des services publics, saccage de la planète, remise en cause des libertés fondamentales, xénophobie, racisme, sexisme, lgbtqiphobies et validisme. Si l’avenir peut paraître sombre, nous ne devons pas nous résigner.
Solidaires Alsace, syndicat de lutte et de transformation sociale, consacrera toute son énergie à mettre en échec ce gouvernement à commencer par son ignoble loi immigration tout en poursuivant le combat contre l’extrême-droite qui est et restera toujours notre ennemie. En 2024, continuons de nous battre !
Le SNJ-Solidaires en première ligne pour améliorer les conditions de travail
A Strasbourg, une dizaine de journalistes du « desk » des Dernières nouvelles d’Alsace, soutenu•es par l’intersyndicale CGT-CFDT-SNJ Solidaires ont fait grève vendredi 5 janvier 2024. Il manque en effet un poste depuis un an auquel s’ajoute le départ de deux CDD. Le « desk » est la « tour de contrôle » du journal pour la diffusion web et papier. Il est uniquement composé de journalistes expérimenté•es. Le « desk est donc un service charnière sans lequel les DNA ne peuvent être diffusées.
Pourtant, le manque de personnels dans ce service entraine des dysfonctionnements graves. Le travail, essentiel, de mise en page et relecture avant publication ne peut être fait rapidement, ni être de bonne qualité. Les personnels de ce service sont aussi empêchés de déposer leurs RTT et jours de congés.
Les élu•es au CSE, dont ceux du SNJ-Solidaires, ont alerté leur direction à plusieurs reprises mais les réponses sont restées insuffisantes. Les grévistes, soutenu•es par l’intersyndicale, revendiquent :
– trois embauches en CDI au sein du desk ;
– des effectifs suffisants lors de la scission entre le desk région et desk Strasbourg ;
– la clarification des missions au sein du service ;
Sud Education : un café AESH : pourquoi ? pourquoi faire ?
Depuis décembre 2023, Sud éducation Alsace organise des cafés AESH. Les AESH sont les accompagnant•es d’élèves en situation de handicap. Composées à 90% de femmes, les 150 000 AESH comptent parmi les personnels les plus précaires de l’éducation nationale : avec un temps partiel imposé à 62% elles gagnent en moyenne 850€ par mois. La précarité imposée par l’employeur les éloigne aussi des structures syndicales.
En proposant un café AESH dans ses locaux, Sud éducation Alsace chercher à rompre l’isolement lors d’un moment convivial qui sert tout à la fois de lieu d’entraide, de discussions pédagogiques sur l’école inclusive et de permanence syndicale pour connaitre ses droits et les défendre.
Sud industrie Alsace : nouvelle convention collective dans la métallurgie, nouvelle régression des droits.
Depuis le 1er janvier 2024, la nouvelle conventions collective de la métallurgie entraine une véritable régression pour les salarié•es. Voulue par l’IUMM et votée par certains syndicats de la branche ayant participé aux négociations. Cette nouvelle convention entend favoriser les accords d’entreprise dans le cadre des négociations salariales qui sont jamais favorables aux travailleur•ses. Cette CC entraine une nouvelle classification des emplois en six critères pondérés de 1 à 10. Les diplômes ne sont plus reconnus et seront remplacés par les compétences qui rendent les salariés interchangeables. La reconnaissance de l’ancienneté disparait : le salaire minimum serait lié au poste et plus à la personne entrainant une baisse de salaire de changement de poste. Le contour des emplois seront moins cadrés ce qui permet de donner plus de tâches à un salarié et de posibilités de sanctionner. Les maladies professionnelles seront moins reconnues. L’application se ferait au cas par cas selon les entreprises.
Commission antifa
Combattons la loi immigration ! Combattons le racisme d’Etat !
Au lendemain du 18 décembre, journée internationale des migrant-e-s, l’Assemblée Nationale a adopté la « loi immigration ». Ce texte de loi intrinsèquement xénophobe et raciste a été voté par quasiment tous les député-es de la majorité, ceux de la droite et de l’extrêmedroite. Il remet en question les droits les plus fondamentaux des immigré-e-s, des étrangere- s et des bi-nationaux.
Cette loi met en place une préférence nationale pour l’accès aux aides sociales, notamment les Aides Personnalisées au Logement (APL) et les allocations familiales, la négation du droit du sol, la possibilité de la déchéance de nationalité pour les bi-nationaux, le durcissement du regroupement familial, la mise en place de « quotas » d’immigration tous les ans, la restriction de la mesure de régularisation pour les travailleurs-es sans papiers dans les métiers en tension, ainsi que la remise en cause des droits des étudiant-e-s par la mise en place d’une caution de « retour ». L’aide médicale d’État (AME) sera examinée par le Parlement à partir de 2024.
Le gouvernement et la majorité parlementaire portent une responsabilité historique dans la crise politique qui s’ouvre. Le vote de cette loi est un tournant qui valide les idées nauséabondes portées par l’extrême-droite avec le soutien de la majorité parlementaire. Contrairement à ce que disent l’extrême-droite et le gouvernement, il n’y a pas de « problème immigré », ni d’ennemi intérieur, ni de choc des civilisations. Le problème, ce sont les gouvernements qui imposent des mesures racistes et anti-sociales comme cette loi immigration et la réforme des retraites, ceux qui permettent à quelques-uns de nous exploiter et de faire du profit en rognant sur les droits des travailleur-euse-s !
Pour Solidaires Alsace, il est crucial de s’opposer dès maintenant et massivement à cette loi par la construction d’une riposte à même de faire retirer le texte. Pour Solidaires Alsace, il est de la responsabilité des organisations syndicales et de notre camp social d’être à la hauteur du combat à mener contre ces politiques xénophobes, racistes et anti-sociales !
Régularisation de tous-tes les sans-papiers ! Liberté de circulation !
Un outil au service de nos luttes !
Ce tout nouveau bulletin d’informations et de liaison interpro est édité par l’union syndicale Solidaires Alsace. Alimenté régulièrement par l’ensemble des structures de notre union syndicale (tracts, mouvements syndicaux, annonces de manifs, questionnements etc…), il s’enrichira au fur et à mesure de l’actualité des luttes syndicales dans nos secteurs ou dans nos boîtes. Le besoin d’intensifier les échanges entre nous, de faire circuler plus largement l’information apparaît comme une évidence, en parallèle des réseaux sociaux.
Quatre pages maximum pour traiter l’essentiel de vos coups de colère, vos actions, cela suffira dans un premier temps. Faites circuler largement « Mentionner le titre du bulletin » autour de vous par tous les canaux de diffusion, sans oublier de l’afficher ! Il vous permettra de renforcer les liens avec les militants ou sympathisants de Solidaires, et même –pourquoi pas ?- d’engranger de nouvelles adhésions.
Solidaires Alsace et ses syndicats sont maintenant bien identifiés dans les manifs, mais cela ne suffit pas pour diffuser les revendications de notre mouvement syndical. Singulier par sa pratique de l’autogestion au syndicat comme dans les luttes, que ce soit dans le public comme dans le privé (où il reste encore à élargir la base du militantisme). Le secteur associatif compte également sur Solidaires. Certaines structures emploient des dizaines de salariés, avec différents statuts. Et les règles d’indemnisation de plus en plus dures et restrictives font craindre le pire, par la pression exercée sur les travailleurs et les travailleuses.
Y’a du boulot camarades ! Resserrons les liens entre nous, soyons Solidaires !